Cette semaine, le monde du soccer a été secoué par une nouvelle aussi surprenante qu’irréaliste : Paolo Zampolli, un entrepreneur italo-américain proche de Donald Trump, aurait suggéré à la FIFA que l’Italie remplace l’Iran à la Coupe du monde 2026. Le Financial Times a rapporté l’histoire mercredi, et depuis, les réactions fusent de partout. Mais avant de t’emballer, sache-le : cette proposition n’a aucune chance de se concrétiser. Aucune.
Zampolli, nommé en 2025 envoyé spécial des États-Unis pour les partenariats mondiaux, a confirmé avoir présenté cette idée au président américain et à Gianni Infantino, le patron de la FIFA. Son argument ? L’Italie a quatre titres mondiaux à son actif, une histoire glorieuse, et il serait dommage qu’elle manque une Coupe du monde organisée aux États-Unis. C’est séduisant sur le papier, mais c’est complètement déconnecté de la réalité du sport et de ses règles.
Les officiels italiens n’ont pas traîné pour clarifier les choses. Andrea Abodi, ministre des Sports, a été catégorique : on ne se qualifie pas par faveur diplomatique, on se qualifie sur le terrain. Point final. Luciano Buonfiglio, président du Comité national olympique italien, a ajouté qu’il serait personnellement offensé par une qualification offerte. Giancarlo Giorgetti, ministre de l’Économie, a parlé de honte.
L’entraîneur Gianni De Biasi a aussi expliqué publiquement ce que tout le monde sait techniquement : si une équipe devait remplacer l’Iran, ce serait logiquement la sélection suivante dans le groupe de qualification iranien, pas une équipe éliminée aux barrages européens. L’Italie a perdu face à la Bosnie-Herzégovine le 31 mars dernier aux tirs au but (4-1 après un nul 1-1). C’est fini. Les règles existent, et elles s’appliquent à tout le monde.
Du côté de Zurich, la réponse était déjà là avant même la publication de l’article du Financial Times. Lors du forum Invest in America de CNBC la semaine précédente, Gianni Infantino a été sans ambiguïté : l’équipe iranienne viendra, le sport doit rester hors politique, et une sélection qualifiée sur le terrain joue son tournoi.
Infantino s’est même déplacé le mois dernier dans un camp d’entraînement de l’Iran en Turquie pour confirmer que les trois matchs de groupe de l’Iran auront bien lieu aux États-Unis, malgré la demande iranienne d’une délocalisation vers le Mexique en raison de la situation géopolitique. La FIFA a renvoyé à cette déclaration plutôt que de commenter directement la proposition Zampolli. Le message est clair : la porte est fermée. L’Iran jouera.
Pour comprendre l’ironie de cette histoire, il faut revenir sur le parcours italien. La Nazionale, quadruple championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006), a terminé deuxième de son groupe de qualification UEFA derrière la Norvège. Envoyée aux barrages, elle s’est inclinée en finale contre la Bosnie-Herzégovine aux tirs au but.
C’est maintenant la troisième Coupe du monde d’affilée que l’Italie manque : 2018 (éliminée par la Suède), 2022 (éliminée par la Macédoine du Nord), 2026 (éliminée par la Bosnie). Ce n’est pas un accident, c’est une tendance. La génération dorée est partie, le renouvellement n’a jamais vraiment pris, et la relégation dans le deuxième groupe d’équipes européennes est désormais un fait établi.
L’ironie supplémentaire ? C’est justement la Bosnie qui a volé la place italienne et qui se retrouve dans le groupe B de la Coupe du monde avec le Canada, la Suisse et le Qatar.
Maintenant, parlons de ce qui t’intéresse vraiment si tu es parieur : qu’est-ce que ça change sur les marchés des paris ? La réponse est simple : presque rien, parce que le scénario Italie-remplace-Iran n’a aucune probabilité réelle de se concrétiser.
L’Iran est coté comme un outsider majeur du groupe F aux côtés des Pays-Bas, du Japon et de la Tunisie. Les cotes pour une qualification iranienne en phase à élimination directe se situent autour de +400 à +450 selon les bookmakers. Ces cotes n’ont pas bougé depuis l’annonce Zampolli, ce qui confirme que les bookmakers lisent correctement la situation : l’Iran joue, et les probabilités restent les mêmes.
Certains bookmakers offshore ont ouvert des marchés de nouveauté du type « L’Italie participera-t-elle à la Coupe du monde 2026 ? » avec des cotes qui tournent autour de +2000 à +5000 pour le oui. C’est du pur pari de loterie. La probabilité mathématique est proche de zéro, et ces marchés sont rarement proposés par les bookmakers canadiens régulés. Évite ces paris. Les conditions de règlement sont souvent floues, et même avec ces cotes spectaculaires, il n’y a aucune valeur attendue.
Pour les parieurs canadiens, le message indirect est plus important. La Bosnie, celle qui a éliminé l’Italie, n’est pas un cadeau. L’équipe dirigée par Sergej Barbarez avec Edin Džeko en pointe et Benjamin Tahirović au milieu a éliminé les Azzurri aux tirs au but après avoir déjà sorti le pays de Galles. Les cotes actuelles de la Bosnie pour sortir du groupe B (autour de +150 sur plusieurs bookmakers canadiens) paraissent encore sous-estimer la vraie valeur d’une équipe qui vient de battre l’Italie dans un contexte de pression maximale.
Le match Canada-Bosnie du 12 juin à Toronto est probablement plus piégeux que ce que les cotes indiquent. Si tu mises sur le groupe B du Canada, la leçon est simple : la Bosnie a plus de dents que son classement FIFA le suggère.
| Équipe | Cote de qualification | Statut |
|---|---|---|
| Pays-Bas | -200 | Favori |
| Japon | +350 | Challenger |
| Iran | +400 à +450 | Outsider majeur |
| Tunisie | +600 | Outsider |
D’abord, la proposition existe bien et vient d’un proche officiel de Donald Trump. Elle a été confirmée par le Financial Times et reprise par Washington Post, Euronews et Reuters. Ensuite, tout le monde à Rome la rejette catégoriquement, et la FIFA a déjà publiquement confirmé la participation iranienne. Il n’y a aucune ambiguïté.
Pour le parieur, la seule vraie information utilisable est que la Bosnie (tombeuse de l’Italie) est probablement sous-cotée dans le groupe B du Canada. Tous les marchés dérivés de ce « scandale » sont à fuir.
L’Italie ne sera pas à la Coupe du monde 2026. L’Iran y sera. Et pour toi comme pour des millions de Canadiens, le vrai match à suivre reste celui de Toronto le 12 juin.